Découvrez comment ajuster parfaitement son lestage

Bien calculer son lestage

Comme je vous l’expliquais dans l’article intitulé : Le système de lestage… pas pour couler, les combinaisons de plongée sous-marines sont constituées d’un matériau très flottant, le néoprène. Or, ce qui nous intéresse tout particulièrement nous, plongeurs, c’est de pouvoir descendre pour explorer les fonds marins et évoluer en totale apesanteur dans cet environnement si merveilleux.
Il faut donc compenser la flottabilité de la combinaison en ajoutant du lest, soit au moyen d’une ceinture, soit en utilisant des poids intégrés au gilet. Mais attention, point trop n’en faut, il ne s’agit pas de couler comme une pierre, mais bel et bien de se mettre en flottabilité nulle ou neutre selon les expressions, c’est-à-dire dans un état où un moindre effort va nous permettre de nous immerger.

On peut être tenté, surtout lorsque l’on débute la plongée, de se sur-lester car, il faut le reconnaître, l’un des grands problèmes des plongeurs novices réside dans la difficulté à descendre : respiration trop ample, manque de technique, mauvais calcul du lest… les raisons ne manquent pas.

Mais se sur-lester possède plusieurs effets pervers. Trop lourd, on va avoir tendance à racler le fond et abîmer ainsi la fragile flore sous-marine. Pour décoller, on va devoir insuffler de l’air dans le gilet. Cet air à la fâcheuse tendance de se dilater rapidement lorsque l’on remonte, donc plus on en a dans le gilet, plus on risque une remontée rapide. Enfin, avec ce volume d’air indésirable, on sera beaucoup moins hydrodynamique et il sera donc plus difficile de se déplacer et d’avancer dans un éventuel courant. Ces efforts supplémentaires vont entraîner une surconsommation d’air et, à terme, un essoufflement.

Vous l’aurez compris, il est vital d’être bien lesté en plongée sous-marine.

Comment calculer son lestage ?
Pour calculer son lestage, on peut bien sûr utiliser le fameux théorème d’Archimède (sur lequel je reviendrai dans un prochain article) qui stipule que tout corps plongé dans un fluide… ne ressort pas mouillé, comme je l’entends à longueur de formation, mais reçoit une poussée verticale, vers le haut, égale au poids du volume de fluide qu’il déplace.

C’est assez difficile à mettre en œuvre, car il faudrait connaître le volume en litre de son corps. Or, un homme de 90 kilos gras n’a pas le même volume qu’un homme de 90 kilos musclé. De plus, il faut également prendre en compte le volume et le poids du scaphandre.

Il existe une approximation très… approximative, utilisée par les moniteurs pour pré lester leurs élèves, qui consiste à leur donner un peu moins d’un kilo de lest par millimètre de combinaison. Donc, environ six kilos pour une combinaison de 7mm. Mais avec l’expérience, les moniteurs savent souvent d’un coup d’œil ce qu’il vous faudra pour plonger.
Ensuite vient la phase de vérification sur le terrain. Il faudra s’immerger avec un bloc à demi plein et, gilet vide, vous devrez flotter au niveau des yeux en respirant normalement. Une profonde expiration doit vous faire descendre, en vous aidant éventuellement de vos palmes : palmez fort pour sortir de l’eau, puis laissez-vous redescendre en expirant, ou bien faites un canard (nous verrons la technique dans un prochain article). Une fois à deux ou trois mètres sous la surface, reprenez une respiration normale.

De ce qui précède, il se peut que vous soyez contraint de refaire votre lestage un jour ou l’autre. Si vous changez de volume (la graisse flotte mieux que le muscle), si vous changez d’équipement et bien sûr si vous passez de l’eau salée à l’eau douce, moins portante.

En résumé

  • Pré-lestez-vous : environ un kilo par millimètre de combinaison
  • immergez-vous dans une zone où vous n’avez pas pied avec un bloc à demi-plein
  • Respirez calmement, vous devez flotter au niveau des yeux.
  • Ajustez le lestage en ajoutant ou retirant des poids de votre ceinture ou de votre gilet.

6 comments

  1. Bonjour,
    Si je peux me permettre une petit remarque, cela dépend également du bloc de l’équipement en général.
    Je vérifie souvent le lestage même avec des plongeurs confirmés. L’on arrive souvent à 1ou 2 voir 3 kg en trop.
    Le test est simple : être en légère flottabilité positive en surface (Poumons entièrement vide), et entre 3 et 5 m en respirant doucement l’on doit-être stabilisé stab vide.
    Je plonge en général en acier , et je me suis faire avoir avec de l’alu en pensant ne rajouter que 2 kg.
    Autre chose à préciser, c’est la densité de l’eau (plus ou moins salée), il y a une différence entre la Bretagne et la méditerranée, même entre le Atlantique Nord et Sud, mais là ça devient du lestage très fin.

  2. Bonjour Camille, et merci pour ce message.
    la formule donnée dans l’article est, comme je le précise, une simple base de calcul lorsque l’on ne sait absolument pas combien on doit mettre de lest pour être en flottabilité neutre. Après, il faut affiner. Nous sommes tous différents, car nous avons tous des masses et des volumes différents (donc des densités différentes). Certains plongeurs ou plongeuses auront besoin de seulement deux kilos là ou d’autre auront besoin de quatre, voire plus, avec la même configuration. ce qui est certain c’est que si vous êtes bien équilibrée avec une combinaison de 3 mm et deux kilos, si vous passez à une 7 mm, il faudra rajouter du poids, car vous aurez augmenté votre volume et donc diminué votre densité. Pour les Canaries, tout dépend de ce que vous appelez plutôt épaisse. Avec 3 mm de moins que votre combinaison habituelle, une stab différente, des blocs alu… on peut vite arriver à deux ou trois kilos de moins pour être aussi à l’aise qu’avec sa config habituelle. Enfin, pour votre dernière question, oui on peut plonger sans lestage, avec une bonne technique et beaucoup de difficultés pour se maintenir au palier. Le mieux reste tout de même d’être parfaitement lestée.

  3. Bonjour,

    d’après votre article, tout.e plongeur.euse doit utiliser du lest pour annuler la flottabilité de la combinaison. Or l’été dernier j’ai plongé pendant toute la semaine avec pas plus d’un kilo en ceinture, c’était aux Canaries donc combi humide mais plutôt épaisse tout de même. J’ai été surprise d’être à l’aise parce que j’avais l’habitude de plonger avec bien davantage ! Comment ça peut s’expliquer à votre avis, et est-il possible de bien plonger sans lestage ?

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