Panique, la reconnaître et réagir

Le stress et la panique sont deux facteurs intimement liés qui représentent une dangerosité extrême en plongée sous-marine. Un plongeur stressé peut rapidement céder à la panique sans que les causes ne paraissent évidentes au binôme et encore moins au reste de la palanquée.
C’est pour cela qu’il est primordial d’apprendre à déceler le stress chez son binôme ou, plus généralement sur les autres membres de la palanquée, bien avant de se mettre à l’eau, mais ceci fera l’objet d’un autre article.

Panique active et panique passive

Il existe deux types de panique : la panique active, la plus courante et la panique passive, plus rare.
Dans la panique active, les signes sont évidents : le plongeur va faire des gestes désordonnés, se débattre, réagir de manière totalement incohérente. Il tentera d’arracher son masque, son détendeur, nagera violemment avec les bras et les jambes. Il ne pensera pas à se mettre en flottabilité positive, en gonflant son gilet, par exemple. Ses yeux seront généralement grands ouverts, mais il ne percevra pas son environnement.

La panique passive est plus rare. Elle se manifestera par une sorte d’apathie et une totale incapacité à accomplir les procédures de plongée les plus élémentaires.

Les causes de la panique

Les causes d’une panique peuvent être multiples : panne d’air, défaillance du matériel, milieu ambiant hostile… Une fois encore, elles sont généralement liées au stress. Parfois, des situations, a priori sans lien, peuvent évoluer vers une panique, par exemple un plongeur fatigué pris dans un courant qui se rend compte qu’il ne pourra pas rejoindre le bateau. D’où l’importance de plonger avec un binôme qui sera capable de détecter les comportements anormaux et d’anticiper ainsi les problèmes.

Réagir face à un plongeur paniqué

En cas de panique, le temps de réaction est un facteur primordial de survie. C’est pour cela qu’il est important d’apprendre à reconnaître les signes et a intervenir sur ces situations. Il existe de nombreuses formations au secours, dans toutes les écoles de plongée. Chez Padi, vous pourrez par exemple suivre les cours de Rescue Diver. C’est une formation passionnante que les élèves adorent généralement.

Réfléchir avant d’agir

La première chose à faire lorsque l’on a affaire à un plongeur paniqué est… de ne rien faire (pas trop longtemps, quand même). Commencez à évaluer la situation et déterminez si vous pouvez intervenir sans vous mettre vous-même en danger. Vous ne devez en aucun cas intervenir, si votre propre vie est menacée. Il y a peut-être d’autres solutions. Pensez bien que si vous foncez sans réfléchir et que vous perdiez la vie, vous condamnez aussi l’autre personne et il y aura deux victimes au lieu d’une.

Si vous ne pouvez pas lancer une bouée, une planche, un bout ou tendre une gaffe au plongeur, il faudra vous approcher avec une extrême prudence, car un plongeur paniqué ne réagit pas de manière logique. Il va tenter de vous agripper, de vous monter dessus, peut-être arrachera-t-il votre masque ou votre détendeur… Bref mieux vaut réfléchir à votre approche.
Commencez par vous mettre en flottabilité positive, ainsi le plongeur en panique ne pourra pas vous faire couler.

Ensuite, tentez de capter son attention, donnez-lui des instructions fermes : gonfle ton gilet ! largue tes plombs !

Votre sécurité avant tout

Si cela ne marche pas (et le plus souvent c’est le cas), il faudra établir le contact et maîtriser le plongeur en panique. Il existe une méthode efficace, que j’appelle la méthode de la toupie, mais que d’autres appellent la traction du bras ou encore la prise inversée, qui consiste à vous approcher prudemment et à saisir l’un des poignets du plongeur avec votre main du même côté (son poignet droit avec votre main droite et vice et verca) et à tirer violemment vers vous, ce qui aura pour effet de le faire tourner. Dès qu’il vous présente son dos, plaquez-vous à lui, quitte à le prendre en ciseau entre vos jambes, gonflez immédiatement son gilet à l’aide de son inflateur et larguez ses plombs. Il se peut qu’à ce moment-là, le plongeur soit tellement épuisé d’avoir lutté que, rassuré de se sentir porté par son gilet, il se calme. Dans tous les cas, tenez son bloc par la robinetterie et nagez en arrière pour le ramener au bateau ou sur le bord.

Si par hasard vous vous êtes manqué et que le plongeur a réussi à vous agripper, dégagez-vous immédiatement. La méthode la plus efficace est de remonter violemment le genou contre son ventre pour le propulser en arrière. J’ai essayé avec des types très costauds, je vous assure que ça marche.

Ensuite, recommencez votre approche en surface ou tentez une approche sous l’eau en restant au-dessous du niveau de sa ceinture. Cette approche est plus lente, mais moins dangereuse, surtout si vous êtes d’un gabarit inférieur à celui que vous tentez de sauver. En effet, en restant sous l’eau, vous êtes assuré que le plongeur en panique ne cherchera pas à vous agripper. À cet instant, tout ce qu’il désire et de ne plus être dans l’eau.

Si toutes vos tentatives ont échoué et que vous n’avez aucun autre moyen de sauvetage, restez hors de portée de la personne et attendez qu’elle cesse de lutter à cause de l’épuisement et éventuellement, qu’elle perde connaissance. Vous devrez alors intervenir rapidement avant qu’elle ne coule et lui porter les premiers secours.

Dans tous les cas, après un sauvetage, maintenez la victime sous une étroite surveillance jusqu’au retour dans une zone ou un médecin pourra l’examiner.

Éviter la panique

Une bonne forme physique, une formation irréprochable, un matériel révisé et en parfait état sont des facteurs qui vous éviteront ce terrible exercice. Vidage de masque, remontée sans embouts, exercices d’apnée… Les exercices que vous apprenez dès le niveau 1 ne sont pas effectués juste pour vous embêter ou faire une sélection des cadors. Ils doivent être maîtrisés et surtout répétés à intervalles réguliers afin de maintenir votre niveau de maîtrise de la plongée au plus haut.

Si vous avez vécu ce genre de situation ou si vous avez d’autres conseils, n’hésitez pas à les partager ici.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *