Maladies et accidents de décompression

La plongée est une activité à risque, on le sait, on l’a dit et répété. Je pense que, désormais, vous l’avez compris. Ce risque peut venir de l’environnement, de l’état de santé du plongeur, des conditions atmosphériques… mais en réalité, ce qui pose un vrai gros problème en plongée sous-marine, c’est la pression.

©http://www.emergencyfirstresponse.com/
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Dès lors qu’un incident en rapport avec la pression s’est déclenché, on parlera d’accident ou de maladie de décompression. Deux termes différents qu’il est certes bon de  discerner, mais dont les pathologies nécessitent de toute manière exactement les mêmes premiers soins.

L’accident de décompression concerne tout problème survenu par la formation de bulles dans l’organisme où que ce soit et quelle que soit la nature du gaz.
À la descente, grâce à l’augmentation de la pression dans les poumons, l’Azote passe dans le système sanguin et s’accumule progressivement dans les tissus (muscles, os, graisse…) c’est ce que l’on appelle la phase de saturation. Cela ne pose aucun problème tant qu’on reste au fond (mis à part la fameuse narcose dont nous parlerons dans un prochain article). Mais à la remontée, tout se complique, car cet Azote doit pouvoir repartir par le même chemin et être expulsé par les poumons. L’opération n’est pas instantanée et si l’on remonte plus vite que le gaz ne peut s’évacuer, il va y avoir « embouteillage » et formation de bulles qui vont grossir au fur et à mesure de la remontée trop rapide.

On distingue deux types d’ADD :

Le type I, accidents cutanés et osseux

Le type II, système nerveux, oreille interne et troubles respiratoires

La maladie de décompression est aussi une affaire de bulles, mais qui entrent dans le corps, à l’occasion d’une surpression pulmonaire. Le terme de maladie de décompression ou MDD est un terme large qui englobe également les ADD.

La surpression pulmonaire et l’un des accidents les plus graves qui puissent survenir en plongée sous-marine. Elle peut prendre plusieurs formes :

L’embolie gazeuse (aéroembolisme ou embolie gazeuse artérielle) : le terme d’embolie est utilisé lorsqu’un corps étranger vient bloquer la circulation sanguine. Dans l’embolie gazeuse, ce corps étranger est tout simplement une (ou une multitude de) bulle d’air qui a réussi à passer des alvéoles vers la circulation sanguine à cause d’une trop forte pression dans les poumons. Cela peut se produire lorsqu’ on retient sa respiration à la remontée (même de quelques dizaines de centimètres), mais peut aussi résulter d’un encombrement des poumons par du mucus ou de tout autre forme d’obstruction. D’où l’importance de ne pas plonger avec un rhume ou une sinusite. Dans l’embolie gazeuse, les bulles vont circuler vers le cœur en passant par les veines pulmonaires puis se diffuser partout dans le système circulatoire où elles peuvent provoquer de graves dégâts en bloquant la circulation. Les effets de l’embolie sont fulgurants contrairement aux ADD qui peuvent mettre plusieurs heures avant de se manifester.

Le pneumothorax : un poumon surpressurisé peut se déchirer et une partie de l’air qu’il contient pénétrer dans la cavité pleurale, ce mince interstice qui sépare la surface externe des poumons de la surface interne de la paroi thoracique. Une bulle d’air se forme alors dans la cavité pleurale. Cette bulle écrase le poumon. Un pneumothorax n’est pas potentiellement mortel, mais doit être soigné au plus vite, car il provoque de très vives douleurs qui peuvent s’accompagner de crachats de sang. Un pneumothorax peut aussi survenir de manière totalement spontanée, sans blessures chez des personnes qui ont une faiblesse de la plèvre. Les fumeurs notamment sont plus prédisposés à ce genre de pathologie. Si un pneumothorax spontané se produit chez une personne, il sera susceptible de se reproduire à nouveau et entraîne donc une inaptitude à la pratique de la plongée.

L’emphysème du médiastin : bien moins grave que les deux précédents, il doit tout de même être traité comme un accident majeur. Dans l’emphysème du médiastin, l’air provenant du poumon déchiré vient s’accumuler dans la partie centrale de la poitrine, appelée le médiastin. L’air vient comprimer le cœur et les vaisseaux sanguins, jusqu’à provoquer un évanouissement… ou pas. En effet, les symptômes peuvent passer totalement inaperçus. La victime se sent simplement oppressée.

L’emphysème sous-cutané : il découle souvent d’un emphysème du médiastin, lorsque l’air contenu dans la cavité thoracique parvient à trouver un circuit pour s’échapper vers le haut du corps. L’air vient alors s’accumuler à la base du cou pouvant provoquer un changement de la voix de la victime. La peau crépite comme du papier bulle lorsqu’on la touche.

Voici donc un rapide petit tour des trucs pas sympa qui peuvent survenir en plongée sous-marine, qui permettra aux futurs plongeurs de découvrir une partie de ce qu’ils apprendront lors de leur formation et aux plongeurs plus confirmés de revoir des termes que l’on a tendance à oublier, tant il est vrai que ces accidents sont rares.

Dans un prochain article, je reviendrais sur les bases du secours à apporter à un plongeur victime d’une MDD.

Voici quelques vidéos glanés sur Youtube qui vous en apprendront plus sur ces pathologies.

Le pneumothorax : https://www.youtube.com/watch?v=gtuagfTQve4

L’embolie : https://www.youtube.com/watch?v=nYveWLgKNkE

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