Les tables de plongée : désuètes ?

La table de plongée reste un outil puissant pour pallier aux possibles pannes de son ordinateur.

Très bientôt, je l’espère, la crise que nous connaissons prendra fin. Après ce long confinement, nous serons tous ravis de chausser les palmes et de repartir explorer les fonds marins. N’oublions pas d’y aller progressivement et surtout de bien planifier nos futures plongées. D’ores et déjà, pourquoi ne pas ressortir vos tables de plongée. “Comment ! Ces antiquités, alors que les ordinateurs sont si performants. Merci, mais pas pour moi” ! N’hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires.

Les tables de plongée : antiquités obsolètes ?

Avec le perfectionnement incessant des algorithmes et des ordinateurs de plongée, de nombreux plongeurs ont l’impression que leurs tables de plongée sont devenues obsolètes, justes bonnes à réserver aux dinosaures dont le poil a blanchi sous la cagoule.

Il s’agit là, à mon sens, d’une grossière erreur de jugement. En effet, tans que les ordinateurs de plongée seront susceptibles de tomber en panne — et cela arrive — il faudra prévoir un plan B pour le calcul de ses paliers et de ses intervalles de surface.

Histoire des tables de plongée

Si ma mémoire est bonne, les premiers accidents de décompression documentés remontent au milieu du XIXe siècle. Ils n’affectèrent pas des plongeurs, mais des ouvriers travaillant dans des mines mises sous pression afin d’éviter les infiltrations d’eau. Ce n’est que vers la fin du XIXe siècle que la formation de bulles dans l’organisme sera suspectée.

Haldane publie les premières tables de plongée en 1908. À l’origine elles étaient prévues pour les plongeurs de la Royal Navy.

Il faudra attendre 1950 pour voir les premières tables françaises, éditées par le GERS (Groupe d’Études et de Recherches Sous-marines) arriver sur le marché.

Aux origines de la désaturation

La mise au point des tables de plongée et des processus de désaturation sont en constante évolution. Les bases des calculs reposent sur la loi de Henry, mais également en grande partie sur l’expérimentation. Mon but n’étant pas ici de vous faire un cours magistral là-dessus, je passerai sur les lois physiques et les calculs. Nous y reviendrons une prochaine fois. Sachez simplement, pour la petite histoire que Haldane utilisa tout d’abord des chèvres pour ses tests, avant d’étudier les effets de la pression sur des plongeurs volontaires de la Royan Navy.

Quand utiliser la table de plongée ?

Il y a plusieurs cas où la table de plongée sera utile, voire indispensable :

  • Si votre ordinateur tombe en panne au cours d’une plongée.
  • Pour calculer vos intervalles de surface après une défaillance de l’ordinateur.
  • Pour planifier une plongée.

Inconvénient des tables de plongée par rapport aux ordinateurs

L’inconvénient majeur des tables de plongée, c’est qu’elles demandent des plongées carrées. En effet, elles prennent en compte le temps de descente jusqu’à la profondeur maximale, mais en aucun cas les variations de profondeurs inhérentes à une plongée durant laquelle on suit un fond inégal, ce qui est presque toujours le cas.

Ainsi, si vos calculs initiaux prévoyaient une plongée à 30 mètres, mais que rapidement le fond remonte vers 20 m, la table vous pénalisera par rapport à un ordinateur qui recalcule en permanence les paramètres de la plongée.

Dans un prochain article, nous reviendrons, pour les débutants, sur la manière d’utiliser les tables et les informations que l’on peut en obtenir.

2 comments

  1. Bonjour Hélène, je pense qu’effectivement on tend vers un abandon des tables, très peu de plongeurs loisir les emportent avec eux dans les faits. Elles restent toutefois indispensables pour des plongées plus engagées où il est nécessaire de faire des planifications et pour les plongeurs tec (même s’il y a des logiciels pour cela). Ensuite, je pense qu’il faut garder l’étude des tables dans les formations pour bien faire comprendre aux plongeurs débutants le processus et les relations entre l’immersion et la saturation.
    Quant à emporter deux ordinateurs, pourquoi pas. Peut-être pas très utile pour des plongées dans la courbe de sécurité mais pour des plongées à saturation. Enfin, à chacun de voir.

  2. Bonjour Hervé,

    Je ne comprends pas ton raisonnement qui se base, sauf erreur de ma part, sur un élément : les tables seraient utiles si l’ordinateur tombe en panne.

    Mais encore faudrait-il avoir sur soi un profondimètre et une montre (qui peuvent aussi tomber en panne!), ce que quasi aucun plongeur n’a avec lui.
    Ceci, alors bien même que nombreux sont ceux et celles qui laissent leurs tables (complètement inutilisables seules) dans leur gilet.

    Plutôt que de risquer une utilisation aléatoire et des calculs approximatifs (par exemple pour l’intervalle de surface que tu calculeras avec tes tables comme si tu avais fait une plongée carrée), il me semble bien plus judicieux de conseiller d’avoir un deuxième ordinateur en back up.
    D’autant qu’on en trouve de très bons à tout petit prix sur le marché actuel de la plongée.

    Donc à mon sens, hormis le concept théorique de base et un intérêt historique, les tables sont bonnes à ranger dans un placard…

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