Les courants d’arrachement, invisible danger

Les courants d’arrachement, aussi nommés courants de retour, sont des courants, généralement puissants, qui prennent naissance près des côtes et se dirigent vers le large. Ils sont susceptibles d’atteindre des vitesses dépassant les deux mètres par seconde. Dans ces conditions, lorsque l’on se retrouve pris dans un tel flux de retour, il est impossible et même contre-productif de tenter de lutter ; même un excellent nageur finira par s’essouffler, souffrir de crampes et atteindra rapidement ses limites puis ce sera la noyade. Fort heureusement, les courants d’arrachement fonctionnent sur un schéma bien connu qui permet de déterminer une stratégie de sauvetage efficace.

Mécanisme faisant naître un courant d'arrachement.

Comment les courants d’arrachement prennent-ils naissance ?

Pour qu’un courant d’arrachement se forme, il faut une topographie du fond bien particulière : deux bancs de sable, rochers ou obstacles séparés par un chenal. Les vagues arrivant du large déferlent sur la côte puis repartent vers le large. C’est à cet instant, qu’une partie de l’eau s’engouffre dans le chenal et prend de la vitesse par un effet d’entonnoir. Ce phénomène est aussi connu sous le nom d’effet Venturi. Et voilà, un beau courant d’arrachement vient de naître.

Il découle de l’explication précédente que ces courants ne peuvent subsister que sur des distances assez courtes, jusqu’à trois cents mètres environ (ce qui est déjà conséquent lorsqu’il faut revenir à la nage). En principe ils ne vous emmèneront guère plus loin. De plus ils ne sont pas très larges, une dizaine de mètres au maximum.

Comment se sauver d’un courant d’arrachement

Pour se sortir d’un courant d’arrachement, deux solutions :

  • Se laisser porter jusqu’à ce que le courant s’affaiblisse (mais les distances données ci-dessus sont indicatives, attention).
  • Nager perpendiculairement au courant qui comme je vous le disais n’est généralement pas très large.
  • Il faudra ensuite revenir vers la côte en nageant en diagonale par rapport au rivage.

Dans tous les cas, ne paniquez pas. La panique aggrave toujours le danger et réduit les capacités de réflexions. Facile à dire, j’en suis tout à fait conscient, mais en plongée sous-marine il est vital de ne jamais céder à la panique.

Observer le milieu naturel

Le mieux reste bien sûr de ne pas se laisser prendre par un courant de retour. Ils ne sont pas toujours faciles à repérer, ils sont instables et peuvent même se déplacer le long des côtes en fonction des conditions météo.

On peut parfois repérer un tel courant par une différence de couleur avec l’eau environnante. En effet, dans le couloir d’accélération, du sable est emporté ce qui rend l’eau plus foncée. Une ligne d’écume perpendiculaire à la côte peut aussi être un indicateur. Enfin, au milieu du ressac, le courant d’arrachement peut former une zone calme vers laquelle il est tentant de se diriger pour se mettre à l’eau. Mauvaise idée.

Une fois sorti du courant, n’hésitez pas à attirer l’attention des personnes sur la plage ou de votre binôme.

Précipitation égale danger

Enfin, si vous apercevez une personne prise dans un courant d’arrachement, ne vous jetez pas à l’eau au risque de produire deux victimes. Prévenez les secours et tentez, en premier lieu, de lui envoyer un objet flottant. On ne se met à l’eau pour un sauvetage qu’en ultime recours et en appliquant des procédures que vous pourrez apprendre dans des formations comme le Rescue Diver de chez PADI (mais toutes les fédérations en proposent et toutes sont de qualité).

En résumé :

  • Soyez attentifs aux signes indiquant la présence d’un courant d’arrachement.
  • Si vous êtes emporté, ne luttez pas contre le courant, ne paniquez pas, traversez-le ou laissez-vous porter.
  • Soyez réfléchi avant de secourir un nageur ou un plongeur en difficulté.

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