Le palier de sécurité, utile ou pas ?

Tous les plongeurs débutants se posent la question concernant ce fameux palier dit de sécurité. Même les plongeurs confirmés ont des opinions divergentes sur le sujet. Alors, ce palier, faut-il le faire ou pas ?

Faire ou pas son palier de sécurité

Toujours jouer la sécurité
Bien sûr que, comme toujours en plongée sous-marine, on doit jouer la sécurité. Pour mémoire, lors d’une immersion, l’azote s’accumule dans les tissus, en différentes concentrations selon le milieu : muscles, graisse, os… En remontant, il faut éliminer ce gaz  inerte, qui n’a d’autre utilité que de nous embêter. Cela se fait tout naturellement. L’azote repasse tranquillement de la circulation sanguine vers les poumons puis vers le milieu extérieur via la respiration. Le problème est que cette opération n’est pas instantanée. Il faut laisser le temps au temps, d’où l’absolue nécessité de remonter à une vitesse lente, environ 15 à 18 mètres par minutes et de marquer un palier entre six et trois mètres. Contrôlez bien votre vitesse de remontée à l’aide de votre ordinateur, mais aussi en observant vos bulles. Vous ne devez pas dépasser la vitesse de remontée de vos plus petites bulles.

Les derniers mètres sont les plus critiques, car c’est là que la différence de pression et la plus importante. Ils doivent être parcourus encore plus lentement, aux alentours de cinq à six mètres par minute. C’est-à-dire que si vous avez fait votre palier à six mètres, il vous faudra une minute entière pour rejoindre la surface.

Dans certains cas le palier est inutile, voire gênant
Il y a pourtant quelques cas ou il vaut mieux ne pas faire ce palier de sécurité.

Lorsque l’on dérive, par exemple. Si l’on ne connaît pas bien sa position par rapport au bateau, il vaut mieux faire surface pour éviter de s’éloigner durant trois minutes de plus et risquer de ressortir trop loin de l’embarcation.

L’autre situation où mieux vaut sortir directement est en cas d’une forte houle qui va vous chahuter sur un, voire plusieurs mètres. Vous allez être obligé d’équilibrer vos oreilles par une manœuvre de Valsalva et par conséquent de bloquer momentanément votre respiration à un instant où l’importance des échanges gazeux et primordiale.

 Avantages
Par contre, dans tous les autres cas, et même si vous avez plongé dans ce que l’on nomme la courbe de sécurité, c’est-à-dire que vous n’êtes pas resté assez longtemps au fond pour avoir des paliers obligatoires, ce palier de sécurité possède plusieurs vertus. Tout d’abord, et c’est son rôle principal, il va augmenter votre marge de sécurité. Suivre les indications de l’ordinateur est indispensable, mais ces machines fonctionnent selon un algorithme basé sur des expériences faites sur un panel de plongeur. Même en ayant respecté scrupuleusement les indications de votre ordinateur, un accident est toujours possible (je ne connais cependant pas de cas avéré d’accident où le calcul de l’ordinateur soit en cause). Ensuite, ce sera un parfait entraînement, surtout pour les plongeurs débutants, qui apprendront ainsi à tenir un palier. Comme il n’y a pas de stress, s’ils se ratent, ce ne sera pas très grave. Ce petit arrêt en fin de plongée vous permettra également de vérifier votre lestage. En effet, si vous êtes près de la réserve, votre bloc sera plus léger de deux à trois kilos. Vous verrez ainsi si, lors de vos prochaines plongées, il est nécessaire d’emporter un peu plus de lest.

En résumé, le palier de sécurité n’est donc pas obligatoire, d’autant plus que les tables de plongée comme les ordinateurs individuels prennent déjà en compte une marge de sécurité. Par contre, il devient fortement conseillé si un élément perturbateur est intervenu durant la plongée : effort intense, fatigue avant l’immersion, stress quelconque, forte houle ou dérive importante…

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