Le manomètre immergeable

Le manomètre immergeable est l’un des éléments les plus importants dans la sécurité du plongeur, puisque c’est lui qui indique la pression d’air restant dans le bloc. C’est un instrument de sécurité d’une grande précision et pourtant d’une conception toute simple.

Manomètre immergeable

Personne, pas même les aficionados de plongée vintage, n’imaginerait entrer dans le bleu sans son manomètre immergeable. Il est fini le temps des bouteilles avec réserve sur laquelle on tirait lorsque la respiration devenait dure dans le détendeur.

La plupart des manomètres de plongée sont reliés à la bouteille par un flexible branché sur la sortie haute pression du premier étage du détendeur. Mais il existe aussi des manomètres sans flexible qui reçoivent numériquement les indications d’un émetteur placé sur la sortie HP. L’avantage de ces derniers est de vous offrir plus que la simple pression restante. Ils peuvent aussi calculer votre autonomie en air en se basant sur votre consommation actuelle.

manomètre immergeableConception

Mais voyons comment est fabriqué un manomètre mécanique. Le modèle le plus répandu est le manomètre à tube de Bourdon. Il est constitué, comme son nom l’indique par un tube courbé, en principe en cuivre, qui va avoir tendance à se redresser proportionnellement à la pression que l’on y injecte. L’une des extrémités est reliée à un levier qui actionne une roue dentée, laquelle va à son tour dévier l’axe de l’aiguille. C’est un système vraiment simple et fiable pour peu que le tube ne soit pas en contact avec l’eau de mer, sous peine de s’oxyder très vite. Cet inconvénient a été résolu en enfermant le mécanisme dans un boîtier étanche qui peut être rempli d’air ou d’huile, selon les modèles.

Souvent, les tubes sont munis d’une sécurité semblable aux disques de rupture des robinets des blocs. En cas de surpression, cette sécurité va s’ouvrir pour relâcher la pression et éviter l’explosion de l’instrument. Mais aucun système n’est parfait, c’est pour cette raison qu’il est impératif, lorsque vous ouvrez le robinet de votre bouteille, de diriger la vitre du mano vers le sol afin de ne blesser personne en cas de défaillance.

Les petits (et gros) soucis

Le manomètre peut aussi s’intégrer à une console comportant d’autres instruments.

Les manomètres sont des instruments de conception fiable et robuste qui durent de nombreuses années. Ils n’en restent pas moins susceptibles de présenter des défaillances. Le métal du tube notamment se fatigue à force de s’enrouler et se dérouler ce qui, à un moment à un autre, va rendre la mesure obsolète. Si vous constatez un problème, notamment une pression significativement supérieure à celle que vous êtes sûr d’avoir mise dans la bouteille c’est qu’il est temps de changer votre mano. Attention, ne plongez pas avec un manomètre défectueux en vous basant sur l’erreur de déviation. Ne vous dites pas, par exemple, l’instrument donne vingt bars de plus donc à soixante-dix bars c’est que je serai à cinquante. Là, c’est l’accident presque assuré, car l’erreur de mesure va sensiblement varier en fonction de nombreux paramètres : pression ambiante, pression restante dans la bouteille et âge du capitaine.

Un autre problème bien plus fréquent dans la vie de notre petit manomètre est d’apercevoir de petites bulles s’échappant par sa base reliée au flexible. C’est la grande frayeur des plongeurs débutants qui imaginent déjà tout leur air s’échapper par là. Généralement il s’agit d’un problème sans conséquence, car la fuite est minime, mais cela veut dire qu’il faudra changer assez vite le minuscule joint qui en est responsable. Une opération que les plongeurs aguerris font eux même, mais qu’il vaut mieux faire faire par un professionnel si vous avez un doute sur vos capacités de bricoleur.

Il existe un autre type de manomètre que celui que je viens de vous décrire, c’est le manomètre à tube spirale. Mais le principe est sensiblement le même.

Entretien

L’entretien du manomètre se limite à sa plus simple expression : un bon rinçage à l’eau douce après chaque plongée, puis séchage à l’ombre et conservation dans un endroit frais et sec, soit soigneusement enroulé sur lui-même soit pendu avec le détendeur.

En résumé, votre mano est un appareil fiable qui demande peu d’entretien et durera de longues années si vous en prenez soin. Par contre, ne vous y attachez pas trop, car dès qu’il donnera des signes de faiblesse, il faudra vous en séparer. Surtout, ne plongez pas avec un instrument qui donne une mesure erronée au départ. Il va obligatoirement finir par vous lâcher et ce sera toujours au plus mauvais moment (loi de Murphy).

Voici une vidéo qui vous montrera un tube de Bourdon en action :

2 comments

  1. Je rajouterais il n’y a pas de petite économie quand il s’agit de notre sécurité ou celle de nos élèves merci pour ces explications

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