Hypercapnie, la plongée à bout de souffle

Hypercapnie, quel est donc que ce nom barbare ? L’hypercapnie qu’on appelle aussi hypercarbie n’est rien d’autre que l’essoufflement. Une condition inconséquente sur la terre ferme, qui peut prendre des proportions dramatiques en plongée sous-marine.

Une production excessive de bulles peut signaler un plongeur en hypercapnie. Une seule solution, s'arrêter et récupérer.
Une production excessive de bulles peut signaler un plongeur en hypercapnie

Contrairement à une idée répandue, l’essoufflement ne provient pas d’un manque d’oxygène dans l’organisme, mais de l’augmentation de la concentration en CO2. En plongée scaphandre, faire des efforts, retenir ou ne pas maîtriser sa respiration va contribuer à l’hypercapnie en ne permettant plus au système respiratoire d’éliminer suffisamment vite le CO2. Mais ce ne sont pas les seuls facteurs. En effet, un équipement inadapté, un surlestage voire, très rarement tout de même, un air contaminé, vont permettre au CO2 de s’accumuler. Dès lors, les centres du réflexe respiratoire vont commander une respiration plus rapide pour tenter de résoudre le problème. Le diaphragme va produire plus d’efforts pour surmonter la résistance de l’air plus dense avec la profondeur et du coup, plus de gaz carbonique. C’est un véritable cercle vicieux qui s’instaure jusqu’à l’impression de ne plus pouvoir respirer.

Les maux de tête, une certaine confusion mentale accompagnent également l’hypercapnie. Dès lors, il ne reste plus qu’une seule solution pour le plongeur en essoufflement, s’arrêter, cesser tout effort et maîtriser sa ventilation.

Il ne faut pas hésiter à faire une pause si l’on pressent l’un de ces symptômes, afin de rompre le cercle qui peut aboutir à une perte de connaissance et à la noyade. Certains plongeurs font de courtes apnées à chaque respiration en pensant économiser leur air, ou pour maîtriser leur flottabilité. Mais diminuer sa ventilation va au contraire produire encore plus de CO2 et au final l’économie réalisée sera largement absorbée par l’accélération inévitable de la respiration.

En plongée sous-marine, il faut respirer régulièrement, profondément, et ne jamais retenir sa respiration.

Si malgré tout l’hypercapnie persiste,  il ne restera plus qu’à arrêter la plongée.

2 comments

  1. L’essoufflement en plongée est un accident à la fois banal qui peu devenir gravissime car non maîtrisé, la sensation d’étouffement qu’il peut entraîner, peut conduire un plongeur peu expérimenté à une remontée rapide avec le risque supplémentaire de surpression pulmonaire.
    En cas d’essoufflement, d’abord et avant-tout de prévenir son binôme ou n’importe quel membre de la palanquée afin de cesser la progression pour ne pas a avoir à courir derrière ce qui ne ferait qu’aggraver les choses. la présence du binôme est fondamentale tant sur un plan d’assistance (on peu avoir vidé un bloc à toute allure en cas d’essoufflement survenant un peu profond) que sur un plan psychologique (ce n’est la même chose de gérer un essoufflement seul ou à deux). Ensuite remonter de quelques mètres et cesser toute activité physique (selon les conditions du moment) et attendre que tout se calme et que l’on a récupéré une rythme respiratoire normal. La plongée doit bien sur être interrompue.
    De plus c’est le devoir d’un binôme et du chef de palanquée de surveiller les rythme respiratoire de chaque plongeur afin de dépister un début d’essoufflement que l’on traitera avant que celui-ci ne tourne à la catastrophe.
    Dernier point : un essoufflement n’est pas une maladie honteuse il faut le signaler dès que les premiers symptômes apparaissent

  2. Le mot hypercapnie est rarement utilisé mais très belle explication de cet incident qui peut arriver merci de cet article très bien écrit encore une fois

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