Communication et procédures, c’est avant qu’on en parle

Il existe des procédures de plongée standards pour de nombreux cas de figure. Certaines sont immuables, d’autres doivent être discutées sur site. Mais dans les deux cas, c’est avant l’immersion qu’on en parle.

L’essentiel : communiquer

procédures de plongée

Cela peut paraître évident, mais l’on voit très souvent et surtout chez les pratiquants aguerris, des plongeurs se mettre à l’eau entre binômes inconnus, sans même avoir étudié leurs systèmes de largage ou avoir déterminé une procédure en cas de séparation. Bien sûr, ces procédures sont étudiées durant les formations. Mais êtes-vous sûr que la personne avec laquelle vous plongez – à moins qu’il ne s’agisse de votre binôme habituel – s’en souvient ou a même qu’elle a eu exactement la même formation que vous ?

Tant que rien de fâcheux ne se produit, la plongée reste un moment magique. Mais au moindre problème, et je ne parle pas forcément d’accident grave, c’est le stress qui prend le dessus et vient gâcher le plaisir de faire des bulles.

Écoutez donc attentivement les directives du directeur de plongée et mettez-vous d’accord sur les points suivants avec votre binôme.

Procédures, quelques points clés à discuter

1 – Comment allez-vous vous mettre à l’eau et en sortir

Pour la mise à l’eau, en général, il n’y a pas de problèmes, puisque l’on est ensemble. Par contre, entendez-vous bien sur le lieu et la technique de sortie. Cela peut-être très utile en cas de séparation et évitera une perte de temps inutile au moment de remonter sur le bateau ou de prendre pied sur la plage.

2 – Déterminez les limites de temps et de profondeur

Surtout si vous plongez hors structures. Sinon, respectez les instructions du directeur de plongée. Déterminez d’un commun accord ces limites, mais surtout respectez-les, sinon toute la planification devient obsolète.

3 – Revoyez les signes de communication

Surtout si vous plongez en structure où l’on vous a adjoint un binôme inconnu. Certains signes peuvent varier, d’une formation à l’autre et ce binôme ne connaît peut-être pas tous ceux que vous utilisez habituellement (et vice  versa).

4 – Prévoyez la conduite à tenir en cas de séparation

C’est très important. En général, on cherche pendant une ou deux minutes, puis on fait surface. Mais, selon la configuration de la plongée, on peut aussi décider de remonter à une certaine profondeur en faisant un tour d’horizon. L’essentiel est de savoir ce que l’autre fera. (Vous pouvez aussi lire l’article : Que faire en cas de perte de sa palanquée)

5 – Fixez la pression minimale pour le retour

Vous devez savoir à partir de quelle pression restant dans la bouteille vous devez faire demi-tour – et bien sûr on tient compte de celle qui a le moins de pression. Généralement, on convient qu’il faut garder au moins cinquante bars lorsque l’on se retrouve sous le bateau (en fonction des paliers, bien sûr, mais là je parle de plongées sans paliers). Donc, si vous plongez avec une bouteille contenant 230 bars d’air, il faudra compter 230 – 50 bars disponibles, soit 180 bars. La logique voudrait que, si vous avez fait un trajet en ligne droite – attention au sens du courant, le mieux de de partir face à lui pour revenir plus facilement – vous fassiez demi-tour à 90 + 50 = 140 bars.

Mais dans les faits, il arrive souvent que l’on passe beaucoup de temps à l’aller, en explorant les alentours sans vraiment s’éloigner du bateau. C’est pour cela qu’il faut en discuter avant.

6 – Prévoyez des procédures d’urgence

Là encore, elles sont incluses dans les formations. Mais évoquez-les tout de même pour vous assurer que votre binôme réagira de la bonne manière. Que ferez-vous en cas de panne d’air, en cas de malaise ?

7 – Soyez d’accord sur l’objectif de la plongée

Cela peut aussi paraître évident, mais avez-vous bien le même objectif pour cette plongée ?  Pour la visite d’une épave, par exemple, est-il prévu d’y entrer ou pas, de même pour les grottes sous-marines ? Si l’un des binômes emporte un appareil photo, l’objectif de la plongée est-il de s’arrêter le plus souvent possible pour faire des clichés ou d’explorer le plus de terrain possible ? Vous le voyez, de très nombreuses questions peuvent se poser.

8 – Identifiez-vous

Sachez reconnaître votre binôme, surtout si vous plongez dans de grosses structures où les palanquées  ne suivront pas forcément le même chemin. Repérez au moins deux éléments de son scaphandre (marque et forme des palmes, combi, repère sur la bouteille…). Vous serez bien content d’avoir déterminé des points de repère, si vous vous retrouvez au milieu d’une horde de plongeurs partant dans toutes les directions (et cela vous évitera d’en entendre parler durant des années…)

N’oubliez jamais que l’objectif de la plongée et de se faire plaisir. Un plaisir que le moindre incident peut venir gâcher, même si fort heureusement il ne débouche pas souvent sur un véritable accident. Mais le coup de stress si vous perdez votre binôme ou si vous ne savez plus quelle palanquée suivre, suffira à vous laisser un mauvais souvenir. Ce serait dommage.

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