Comment se protéger du froid en plongée

Se protéger du froid en plongée, voilà un sujet d’actualité brûlant, si j’ose dire, à l’entrée de l’hiver, car si beaucoup de plongeurs rangent bien proprement leur matériel pour attendre des jours meilleurs, d’autres en revanche n’imaginent pas une vie au sec durant plusieurs mois. Mais que se passe-t-il dans notre corps lorsque nous avons froid et comment y faire face ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article.

34825331 - scuba diver wearing full face mask entering lake© zlikovec / 123RF Banque d’images

Lorsque la température extérieure baisse, notre organisme dispose de plusieurs armes pour combattre la perte de chaleur à l’intérieur du corps dont la température ne doit pas chuter sous les 35 degrés, au risque d’entrer dans un état que l’on appelle l’hypothermie. S’il existe plusieurs niveaux d’hypothermie, il faut savoir que c’est un état critique qui va mettre, à terme, la vie en danger. On estime, à titre d’exemple, qu’un plongeur sans protection dans une eau à 16 degrés dispose d’une trentaine de minutes avant d’entrer en hypothermie.

Disons-le tout de suite, dans l’eau qui conduit la chaleur vingt fois plus vite que l’air et donc dans laquelle on se refroidit vingt fois plus vite, le combat est perdu d’avance, on finira de toute manière par avoir froid, même dans de l’eau à 28 degrés. Tout ce que l’on peut faire, c’est retarder l’échéance.

Comment le corps se protège-t-il ?

La vasoconstriction : la première des armes du corps pour protéger les centres vitaux, cœur et cerveau, est la vasoconstriction. Les vaisseaux sanguins des extrémités : mains, pieds, à l’exception de la tête, se resserrent, « sacrifiant » ainsi les parties les moins importantes pour la vie. C’est l’engourdissement. On a la sensation de ne plus « sentir » ses doigts.

Les tremblements : si la température corporelle continue de baisser, la stratégie suivante est le déclenchement de tremblements, on grelotte. Ces mouvements vibratoires des muscles vont produire de la chaleur (contrairement à la graisse qui ne peut pas en produire. Elle sert simplement d’isolant). Lorsque sous l’eau on en arrive à ce stade, sachez qu’il est déjà trop tard. Cela ne peut aller qu’en empirant et la plongée doit être stoppée immédiatement. J’ai eu le cas, un jour, d’une plongeuse qui, par crainte d’être jugée par les autres membres de la palanquée, n’a pas signalé qu’elle avait froid. Heureusement que la plongée se terminait, mais elle à mis une bonne heure, une fois au chaud, avant de cesser de claquer des dents.  Dix minutes de plus sous l’eau et c’était le carton. Je vais vous dire ce que  je lui ai dit ce jour-là : un moniteur ou un instructeur ne vous en voudra jamais d’avoir stoppé une plongée parce que vous aviez un problème. Par contre, si vous ne l’avez pas signalé et que vous provoquez un accident, oubliez son nom et son numéro de téléphone pour vos futures plongées, si futures plongées il y a.

Comment ralentir le refroidissement ?

Une combinaison étanche pourra être utilisée dans les eaux froides, mais aussi dans de nombreuses autres conditions.

La combinaison : la première protection du plongeur est, bien entendu, sa combinaison. Elle peut être humide ou semi-étanche, d’une épaisseur de 3 à 6  mm pour les eaux tempérées, de 7 à 8 mm pour les eaux plus froides, voire étanche pour les eaux très froides. La notion d’eau froide ou chaude pouvant varier d’un plongeur à l’autre.

Les gants / les chaussons : protéger les extrémités va réduire la perte de chaleur au niveau des mains et des pieds. Beaucoup de moniteurs n’aiment pas trop que leurs plongeurs portent des gants qui peuvent inciter à toucher la faune et la flore avec moins d’appréhension. Mais là nous parlons bien de confort et de sécurité.

La cagoule : on perd énormément de chaleur par la tête. Personnellement, je ne plonge jamais sans, même dans les eaux tropicales.

L’accoutumance : il semblerait que, dans une certaine mesure bien sûr, le corps parvienne à s’acclimater et à augmenter sa résistance au froid. Dans quelles proportions ? Cela reste à déterminer. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’une bonne condition physique permet de mieux résister aux conditions difficiles.

Quelques idées reçues :

Le gaz froid de la bouteille participe au refroidissement du corps : Faux.

En effet, si les sinus et la trachée (dont c’est le rôle) réchauffent l’air qui entre dans le corps et perdent donc des calories, ils les retrouvent lorsque l’air sort à nouveau des poumons, réchauffés par la température corporelle.

Les mouvements et les efforts physiques réchauffent : Vrai et Faux.

C’est vrai si par ailleurs on dispose d’une bonne isolation pour conserver la chaleur produite. Par contre, dans le cas contraire, on fait circuler plus d’eau sur la peau, donc plus de perte de chaleur au final.

Uriner dans la combinaison réchauffe : Faux.

L’urine emporte avec elle la chaleur corporelle. De plus, la courte sensation de chaleur provoquée diminue ou même supprime la vasoconstriction. Le sang se remet à circuler sur une plus grande partie du corps et va à terme se refroidir.

On se refroidit moins en recycleur : Vrai

La réaction chimique du recyclage de l’air produit de la chaleur. Ce dernier arrive donc légèrement réchauffé dans le détendeur.

Voici donc quelques pistes pour mieux comprendre le mécanisme du froid et les méthodes à appliquer pour le repousser.
Dans tous les cas, vous devez retenir qu’avoir froid sous l’eau n’est pas anodin et nécessite d’arrêter la plongée.

N’hésitez pas à commenter cet article et à parler de vos expériences pour en faire profiter les nouveaux plongeurs.

One comment

  1. c’est vrai que le froid ne peut aller qu’en empirant j’en ai souvent fait l’expérience dans mes débuts en plongée pour pas “embêter” la palanquée Ayant ma propre combinaison je pissais dedans pensant que ça aiderait à me réchauffer aussi . Mais ma pire des fois reste celle ou je voulais en finir avec mes exercices de plongée on était dans 2 m d’eau pour faire celui du sauvetage , l’eau était à 14 degré en février ….l’exercice fini j’ai eu du mal à sortir de l’eau tellement je tremblais enlever la combinaison relevé de l’impossible( meme avec l’aide des deux plongeurs présent) tellement mon corps était transit et grelotté j’ai mis trés longtemps à me rechauffer.Mon instructeur n’avait cesser pourtant de me rappeler les consignes du froid . Je me suis puni toute seule car faire la deuxième plongée prévu n’était pas envisageable Ce jour là j’ai vraiment pris conscience que le froid pouvais être mon ennemi et qu’il ne fallait pas le négliger ni avoir peur de gêner sa palanquée ,car cela pouvait avoir des conséquences dramatique.
    Merci pour cet article qui appronfondi la connaissance pour nous les plongeurs

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *