Calculer sa consommation d’air

Connaître sa consommation en air n’est pas la première des préoccupations lorsque l’on s’initie à la plongée sous-marine. En effet, durant les premières immersions, le débutant sera toujours accompagné par un moniteur, puis par un encadrant expérimenté qui se souciera à sa place de cette question en surveillant régulièrement son manomètre et celui de son élève. De plus, comme les plongées ne sont jamais très profondes la gestion de l’air n’est pas un problème.

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Pour aller vers l’autonomie et des plongées plus aventureuses, il faudra pourtant très vite acquérir les bons réflexes afin de pouvoir gérer sa plongée en toute sécurité. La lecture du manomètre et l’interprétation des signes font partie des bases enseignées dès les premiers cours du niveau 1. Connaître sa consommation personnelle en air permettra par la suite de programmer des plongées plus engagées. Savoir combien de litres on respire à la minute se calcule plutôt sur le long terme. C’est un exercice vraiment très intéressant qui, outre le fait de vous permettre de bien planifier vos plongées, vous permettra également de suivre votre propre évolution en tant que plongeur. En effet, avec l’expérience, la consommation se réduit (en principe) et refaire ce calcul régulièrement est d’un grand intérêt.

Comment procéder

La première chose à faire est de toujours bien noter vos paramètres sur le carnet de plongée et notamment la pression dans la bouteille au départ et à l’arrivée, ainsi que la profondeur réelle atteinte. Ne rajoutez pas quelques mètres supplémentaires pour arrondir les chiffres ou pour faire bien, cela fausserait le calcul. Notez également la température de l’eau, si vous avez rencontré des courants… tout ce qui est susceptible d’augmenter ou de diminuer votre rythme respiratoire.

Comment faire le calcul ?

Il existe deux types de consommations : la consommation moyenne et la consommation réelle à une profondeur donnée.

La consommation réelle à une profondeur donnée

Pour cette dernière, il faudra presque faire une plongée dédiée à cet exercice. L’idée consiste à se caler à une profondeur déterminée, dix, vingt, trente mètres… et d’y évoluer de manière normale durant plusieurs minutes. Notez sur une ardoise l’indication de votre mano, lorsque vous arrivez à la profondeur voulue, le temps que vous y passerez et la pression restante lorsque vous quittez la profondeur. Le calcul est simple (mais vous le ferez une fois revenu en surface), il faut diviser la pression consommée (en bar) Pc par le nombre de minutes m, soit Pc/m = votre conso en bar par minute.

Exemple, vous avez passé 22 minutes à 10 mètres en consommant 60 bars, votre consommation à 10 mètres sera de 60/22= 2,7 bars (3 bars) par minute, soit environ une quarantaine de litres par minute si vous aviez un bloc de 15 litres. Mais alors direz-vous, il faut refaire cet exercice pour toutes les profondeurs ? Eh bien théoriquement non, car votre consommation est proportionnelle à la pression ambiante (en fait, ce n’est pas tout à fait exact sur le terrain, mais pour la théorie nous ferons comme si).

Calculer sa consommation en surface

À dix mètres, il règne une pression de 2 bars. Vous y avez respiré 3 bars par minute, soit environ 40 litres. Si vous aviez respiré en surface (1 bar, donc deux fois moins de pression), votre consommation aurait été divisée par deux. Vous auriez donc respiré 1,5 bar par minute, soit environ 20 litres d’air à la minute. Pour savoir quelle sera votre consommation à une profondeur donnée, il vous suffira à présent de multiplier le chiffre trouvé en surface par la pression ambiante de la profondeur à laquelle vous allez descendre.

Exemple, en tenant compte des résultats précédents, si vous descendiez à quarante mètres (cinq bars) vous consommeriez : 1,5 x 5 = 7,5 bars par minute, soit 112,5 litres d’air par minute avec un bloc de 15 litres. Cette différence énorme vous montre l’importance de bien connaître votre consommation pour des plongées profondes. Tirer vingt litres d’un bloc de plongée n’est pas la même chose que d’en tirer plus de cent dix chaque minute. N’oubliez pas que le stock est très limité (la quantité d’air disponible dans la bouteille reste invariable quelle que soit la profondeur, c’est la quantité que vous inspirez qui change).

Nous y reviendrons plus en détail dans un prochain article, mais je vous rappelle pour mémoire que la pression en surface est de 1 bar et que l’on rajoute un bar tous les dix mètres d’eau (dix mètres = deux bars ; vingt mètres = trois bars…).

La consommation moyenne

Il est vraiment très rare de se maintenir exactement la même profondeur durant toute une plongée. En général on va au plus profond et puis l’on remonte progressivement en suivant le relief. Si on part du bord, on s’immerge dans un petit fond pour rejoindre la profondeur maximum avant de revenir par le même chemin. La consommation moyenne se calcule de la même manière, que la consommation réelle à une profondeur donnée à cela près que l’on note sa pression au moment de l’immersion et sa pression de sortie. On applique ensuite la même formule en prenant comme profondeur de référence la profondeur maxi que l’on a atteinte. Bien sûr cette méthode est plus aléatoire, puisqu’on ne restera pas toujours le même temps à une profondeur donnée, que l’on peut remonter ou redescendre un peu pour suivre le relief, mais au final, sur de nombreuses plongées, on notera une certaine cohérence dans les résultats qui se rapprocheront de la première méthode.

Attention, de très nombreux facteurs influencent la consommation sous l’eau et il faudra en tenir compte dans vos prévisions. Ainsi le stress, le froid, les courants et les efforts en général, votre condition physique… sont autant d’éléments qui peuvent changer sensiblement votre manière de respirer.

Vous l’aurez compris, il est très important de noter ses paramètres dès les premières plongées, d’une part pour suivre votre évolution personnelle et d’autre part pour pouvoir planifier vos futures plongées en toute sérénité. Dans un prochain article, je vous expliquerai pourquoi la consommation varie autant en fonction de la profondeur.

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4 comments

  1. Ouh là cher Philippe. Article faux et dangereux ? Il faudrait préciser. Je pense que vous n’avez pas bien compris la teneur de l’article et qu’il va peut-être falloir revoir certaines bases mal comprises ou mal expliquées. Cela dit, vos remarques sont intéressantes je vous invite tout d’abord à vous replonger dans la loi de Boyle PxV=K qui vous donne le rapport entre la pression et le volume. C’est une fonction CONSTANTE, c’est-à-dire que vous pouvez la tourner dans tous les sens (en respectant les règles de la multiplication et de la division, bien sûr) et vous obtiendrez le même résultat : PxV = nombre de litres dans la bouteille (pour simplifier) ; P/K = Volume d’air ; K/V = pression dans le bloc… Donc vous pouvez calculer sans problème le nombre de bar consommés par minutes (ce que font presque tous les plongeurs que je connais et ce que j’encourage mes élèves à faire – jamais aucun accident avec mes élèves ou anciens élèves), le résultat sera le même.
    Pourquoi est-ce intéressant de parler en bar plutôt qu’en litres d’air ? Lorsque vous êtes sous l’eau et que vous consultez votre mano, vous lisez bien la pression restant dans la bouteille, en bar, et pas la quantité d’air en litre ? Par conséquent, sachant que l’on consomme tant de bars à la minute, il est facile de faire une approximation du temps fond restant. Si vous commencez à faire la conversion sous l’eau, pour savoir de combien de litres d’air vous disposez, vous allez au carton. Il y a une règle essentielle en plongée : SIMPLIFIER.
    Concernant votre remarque sur l’utilisation de la stab, elle est également assez étonnante. En effet pour ces calculs en général, on n’en tient pas compte. Normalement, la quantité d’air insufflé dans la stab doit être négligeable. Vous devez apprendre à utiliser le poumon ballasts au maximum, sans quoi, vous allez faire le yo-yo et effectivement consommer un peu plus.
    Enfin, comme je le précise dans l’article, le calcul de la conso se fait sur de nombreuses plongées (c’est une APPROXIMATION) donc souvent avec des blocs différents. C’est un calcul MOYEN et APPROXIMATIF qui variera très sensiblement en fonction de la température de l’air, de l’eau, de votre état de fatigue, du repas que vous avez fait la veille… et qui vous donne une simple idée de vos possibilités et de leur évolution.
    Voilà, j’espère vous avoir un peu éclairé sur la question. Mais comme je le dis depuis des années aux personnes que je forme : le principal est d’apprendre à RÉFLÉCHIR et à ÉVALUER la situation. Si les calculs et le matériel (qui ne sont que des outils) vous disent que tout va bien, mais que vous sentez qu’il y a un problème, c’est probablement qu’il y a un problème.
    Bonne plongée

  2. Article faux et dangereux ! On consomme des litres d’air pas des bars ! Correlation valable si on utilise toujours la même bouteille et encore. Calculez plutôt le volume embarqué (capacité bouteille * pression de gonflage) et votre consommation réelle (respiratoire + utilisation de la stab) * pression correspond à la profondeur.

  3. Merci pour cet article technique mais accessible à tous ,il explique bien clairement le calcul que chacun peut ou doit faire pour calculer sa consomation .il serait intéressant que chacun le mette en pratique .hâte de lire la suite …

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